--Avec un homme charmant comme le baron, quelles inquiétudes veux-tu qu'il ait?
--Je ne veux pas qu'il en ait, je ne dis pas qu'il en a; mais enfin cela est possible; et si cela est, sa préoccupation s'expliquerait tout naturellement.
--Si ton père avait des craintes, il m'en ferait part; je suis autant que lui intéressée à ton bonheur. D'ailleurs, quelles craintes M. d'Arjuzanx peut-il lui inspirer?
--Si je les connaissais, nous serions fixées.
--Je l'interrogerai.
L'occasion était trop belle quand sa femme le questionna sur ses inquiétudes pour qu'il n'en profitât pas: en même temps qu'elles justifiaient son souci qu'il ne pouvait pas nier, elles avaient l'avantage de préparer la rupture des projets de mariage.
--Si je n'ai pas de griefs précis à reprocher au baron, je ne suis cependant pas rassuré.
--Pourquoi ne m'en parlais-tu pas?
--Précisément parce que les griefs précis me manquent... et que je trouve inutile de te tourmenter... si, comme je l'espère, il n'y a rien contre le baron.
--Alors, pourquoi te tourmentes-tu toi-même?