Cette stupéfaction ne fut pas moins vive chez elle lorsque, le mariage ayant été décidé et le jour fixé, il fut question de la rédaction du contrat: son mari ne voulait-il pas faire plus pour Sixte qu'il n'avait promis au baron?
--Veux-tu donc nous dépouiller? s'écria-t-elle.
--Pourquoi pas?
--Au profit d'un homme qui n'a rien!
--C'est parce qu'il n'a rien que nous devons compenser ce qui lui manque.
--C'est de la folie.
--Ce que nous nous retirons, c'est à notre fille que nous le donnons.
--Non, ce n'est pas à notre fille, c'est à notre gendre, et il semble que ce soit à lui que tu penses plus qu'à elle. Que t'a-t-il fait? Qu'est-il pour toi? C'est à n'y rien comprendre.
Et, comme il était disposé à faire deux parts égales de sa fortune, l'une pour Sixte, l'autre pour lui-même, ce qui, selon sa conscience, n'était que juste, il dut, devant la résistance de sa femme, se modérer dans ses élans de générosité, qui n'étaient en réalité qu'une réparation.
--Faisons un contrat convenable, dit madame Barincq, et plus tard, quand nous verrons ce qu'est ce mari que vous m'imposez, nous lui donnerons ce qu'il méritera. Pourquoi remettre notre fortune entre ses mains? beaucoup d'officiers sont dépensiers; je ne vois pas l'intérêt qu'il y a à le mettre à même de se ruiner si l'envie lui en prenait; en dons, tout ce que tu voudras et ce qui lui sera nécessaire ou agréable; en dû, pas plus que ce qui est honorable.