Pendant ce temps, Anie courait sur la route d'Ourteau, pressant son cocher; quand elle arriva, son père et sa mère virent à sa physionomie crispée qu'ils devaient se préparer à un coup cruel.
Tout de suite, elle expliqua ce qui l'amenait, son père écoutant accablé, sa mère l'interrompant par des exclamations indignées.
--Est-ce que ton mari s'imagine, s'écria madame Barincq, que nous allons encore payer cette somme et nous réduire à la misère pour lui?
Alors elle raconta l'histoire du testament de Gaston: comment Sixte l'avait trouvé; pourquoi il n'avait pas voulu le produire; comment il l'avait brûlé.
--C'est donc son argent qu'il a perdu, dit-elle en s'adressant à sa mère.
Mais celle-ci ne se rendit pas:
--Qui prouve que ce testament était bon? dit-elle.
Sur cette réplique, son mari intervint:
--Il est évident, dit-il, que le testament est celui que Gaston avait déposé entre les mains de Rébénacq, et qu'il était parfaitement valable.
--Valable ou non, il n'existe plus.