--Mon pauvre ami!
--Oui, le sacrifice sera dur; j'aimais cette terre d'un amour de vieillard, j'avais mis sur elle mes derniers espoirs; mais je dois me dire qu'en réalité je n'en ai jamais été propriétaire, et que, si le testament avait été produit en temps, tout cela ne serait pas arrivé: je ne me serais pas installé à Ourteau, je n'aurais pas entrepris ces travaux; M. d'Arjuzanx n'aurait pas pensé à me demander Anie; Sixte ne l'aurait pas épousée, et, aujourd'hui, je ne tomberais pas lourdement d'une position fortunée dans la misère.
XII
La demie après six heures allait sonner au cartel des bureaux de l'Office cosmopolitain, et Barnabé, dans l'embrasure d'une fenêtre, guettait au loin sur le boulevard l'arrivée de l'omnibus du chemin de fer de Vincennes.
A ce moment le directeur, M. Chaberton, sortit de son cabinet, accompagné d'un client, et dans leurs cages, derrière leurs grillages, tous les employés se plongèrent instantanément dans le travail.
--Barnabé, guettez l'omnibus, dit M. Chaberton.
--On ne le voit pas encore.
--Puisque nous avons quelques minutes, dit le client suppliant, laissez-moi vous expliquer...
Mais M. Chaberton, sans écouter, alla à l'un des grillages:
--Monsieur Spring, que vos patentes anglaises pour l'affaire Roux soient prêtes demain matin, dit-il.