--Celle de vouloir assister à l'enterrement?
--N'est-ce pas tout naturel?
--Naturel d'aller à l'enterrement de quelqu'un avec qui on avait rompu toutes relations, non; qui pendant dix-huit ans ne vous a pas donné signe de vie bien qu'il vous sût dans une position gênée, alors que lui jouissait de cinquante mille francs de rente! Non, non, mille fois non.
--Tout ce que tu diras ne fera pas que nous n'ayons été frères, que nous ne nous soyons aimés dans nos années de jeunesse, et qu'au jour de sa mort le souvenir de nos différends s'efface pour ne laisser vivace et douloureux que celui de notre affection fraternelle. Il n'était pas ton frère, je comprends que tu parles de lui avec cette indifférence; il était le mien, je le pleure.
--Pleure-le tant que tu voudras, pourvu que ce soit en dedans et que tu n'attristes pas notre fête.
--Tu veux!
--Quoi?
Il resta un moment sans répondre, stupéfait.
--Comme je vais partir, je ne vous attristerai pas.
--Partir!