A peine s'était-il éloigné avec le capitaine que madame Barincq rapprocha vivement sa chaise de celle de sa fille :
— Tu sais que c'est un mari ? dit-elle.
— Qui ? demanda Anie.
— Qui veux-tu que ce soit, si ce n'est le baron d'Arjuzanx.
— Te voilà bien avec ton idée fixe de mariage, dit Barincq.
— Oh ! maman, si tu voulais ne pas t'occuper de mariage, continua Anie ; nous ne sommes plus à Montmartre, et nous n'avons plus à chercher un mari possible dans tout homme qui nous approche. Laisse-moi jouir en paix de cette liberté.
— Je ne peux pourtant pas former mes yeux à l'évidence, et il est évident que tu as produit une vive impression sur M. d'Arjuzanx. C'est cette impression qui l'a poussé à se faire présenter, c'est elle qui ne lui a pas permis de te quitter des yeux pendant tout cet entretien ; c'est elle enfin qui a amené les compliments fort bien tournés d'ailleurs qu'il t'a plusieurs fois adressés.
— De là à penser au mariage, il y a loin.
— Pas si loin que tu crois.
Cessant de s'adresser à sa fille ; elle se tourna vers son mari :