— A ce moment les deux hypothèses s'expliquaient et il y avait des raisons pour l'une comme pour l'autre ; l'inventaire a prouvé que celle de la destruction était la bonne.
— De ce retrait, tu avais conclu que le testament n'exprimait plus les intentions de Gaston.
— S'il avait exprimé ses intentions, il ne me l'aurait pas repris.
— Cela paraît évident.
— Dis que c'est clair comme la lumière du soleil un testament n'est pas d'une lecture tellement agréable pour celui qui l'a fait qu'on éprouve le besoin de le relire de temps en temps.
— Depuis l'inventaire t'es-tu quelquefois demandé ce qui avait pu changer les sentiments de Gaston à l'égard du capitaine ?
— Ma foi, non ; à quoi bon ! Il n'y avait intérêt à raisonner sur ces sentiments que lorsque nous ne savions pas si ce testament était détruit et si nous n'allions pas en trouver un autre ; nous n'avons trouvé ni celui-là ni l'autre, c'est donc que l'hypothèse de la modification des sentiments était bonne.
— Mais qui a provoqué et amené ces modifications ?
— Ah ! voilà ; je ne vois, comme je te l'ai dit, que les doutes que Gaston avait sur sa paternité, doutes qui ont empoisonné sa vie.
— Sais-tu si, quand il t'a repris son testament, un fait quelconque avait pu confirmer ses doutes et lui prouver que décidément le capitaine n'était pas son fils ?