— On ne parlait que de ça à Bayonne et à Orthez.
— On est sévère à Bayonne et à Orthez.
— Tu plaisantes en Parisien sceptique ; mais, si ridicules que te paraissent les préjugés provinciaux, crois-tu qu'un homme qui n'a pas d'autres occupations et d'autres plaisirs que de briller dans les luttes du cirque ou du sport soit précisément le mari qui convienne à une fille intelligente comme la tienne ? Quels points de contact vois-tu entre eux ? Sois certain que la province n'est pas si bête que Paris l'imagine.
— Sans doute tu as raison, puisque ma fille n'a pas voulu de M. d'Arjuzanx.
— J'estime qu'elle a été sage, et j'ajoute que de sa part je n'en suis pas étonné.
— Il est vrai qu'elle demande chez son mari d'autres qualités que celles que M. d'Arjuzanx pouvait lui offrir ; seulement le mari chez qui nous rencontrerions ces qualités n'est pas facile à trouver.
Il y eut un moment de silence ; tout à coup le notaire, prenant son menton dans sa main, dit, comme s'il se parlait à lui-même :
— Ça dépend.
— De quoi ça dépend-il ?
— Des qualités exigées.