— Lis, lis.
Elle alla jusqu'au bout ; alors le regardant :
— Que vas-tu faire ? demanda-t-elle d'une voix qui tremblait.
— Mais que veux-tu que je fasse ? répondit-il. Imagines-tu que je vais m'armer de ce testament pour troubler ton père, si heureux d'être le propriétaire d'Ourteau ? Pour qui travaille-t-il ? Pour nous. A qui donne-t-il ses revenus ? A nous. Non, non, ce testament, que je ne suis pas fâché d'avoir d'ailleurs, par un sentiment de reconnaissance envers M. de Saint-Christeau, ne sortira jamais de ce tiroir, dans lequel je vais l'enfermer, et ton père ignorera toujours qu'il existe.
Elle lui jeta les bras autour du cou, et l'embrassa nerveusement, avec un flot de larmes.
— Mais que pensais-tu donc de moi ? dit-il.
— C'est de fierté que je pleure.
IV
De temps en temps, Sixte parlait de d'Arjuzanx à sa femme : ou bien, il avait reçu sa visite, ou bien ils s'étaient rencontrés par hasard ; en tout cas, au grand ennui d'Anie, les relations continuaient entre eux, et rien n'annonçait qu'elles dussent finir.
Un jour, il lui annonça d'un air assez embarrassé que d'Arjuzanx, qui venait de louer une villa à Biarritz, l'avait invité à pendre la crémaillère avec quelques amis : de la Vigne, Mesmin, Bertin.