En prenant ses cartes Sixte eut la satisfaction de constater que ses mains ne tremblaient pas et de se sentir maître de son cœur comme de son esprit : il voyait, il savait, il jugeait ce qu'il faisait.

D'Arjuzanx, au contraire, paraissait ému, et, en le regardant, on voyait clairement qu'il n'était plus le même homme ; sa nonchalance, son indifférence, avaient disparu et dans ses yeux noirs brillait une flamme qui leur donnait une expression de dureté que Sixte n'avait jamais remarquée.

Mais ce n'était pas le moment de se livrer à des observations de ce genre ; c'était à son jeu comme à celui de son adversaire qu'il devait donner toute son attention.

La chance, au lieu de tourner contre lui, continua à lui être fidèle.

— Nous doublons, n'est-ce pas ? demanda d'Arjuzanx.

— N'est-ce pas entendu ?

— Alors cela est dit une fois pour toutes.

— Sans doute ; au moins jusqu'à ce que nous soyons d'accord pour changer cette convention.

— Nous serons d'accord.

Lentement ils avaient relevé leurs cartes.