A regret M. Spring souffla sa lampe et s'approcha ; alors un dialogue en anglais s'engagea entre lui et l'étranger.

— Ce gentleman, traduisit Spring, dit qu'il a vu au Salon deux tableaux signés Anie qui lui ont plu et qu'il est disposé à les acheter ; ayant trouvé votre adresse au Cosmopolitain dans le livret, il désire savoir le prix de ces tableaux.

— Mille francs, dit Barincq.

— Ce gentleman dit, continua Spring, qu'il les prend tous les deux pour quinze cents francs si vous voulez ; et que si madame Anie a d'autres tableaux du même genre, c'est-à-dire représentant des paysages du même pays, dans la même coloration claire, il les achètera peut-être ; il demande à les voir.

— Expliquez à ce gentleman, répondit Barincq, qu'il peut venir demain et après-demain à Montmartre, rue de l'Abreuvoir, et donnez-lui l'itinéraire à suivre pour arriver rue de l'Abreuvoir.

Sans en demander davantage l'amateur tendit sa carte à Spring et s'en alla :

« CHARLES HALIFAX »
75, Trimountain Str. Boston.

Barincq n'eut pas le temps de recevoir les félicitations de ses collègues, pressé qu'il était d'achever son bois pour porter cette bonne nouvelle rue de l'Abreuvoir.

Lorsqu'il entra dans l'atelier où sa femme et sa fille étaient réunies, Anie vit tout de suite à sa physionomie qu'il était arrivé quelque chose d'heureux.

— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle.