— Compte sur nous.
— Jamais je n'admettrai que Gaston ait pu t'enlever un héritage qui t'appartient à tant de titres.
— C'est au moment de la mort qu'on répare les faiblesses de sa vie.
— Si Gaston a pu à une certaine heure faire le testament dont parle
Rébénacq, certainement il l'a détruit.
— C'est pour cela et non pour autre chose qu'il l'a repris.
— A la levée des scellés ne manque pas de nous envoyer des dépêches.
— Tu nous amèneras ta fille.
— Nous la marierons dans le pays.
Enfin il fut libre de s'occuper des siens et d'écrire à sa femme une lettre pour compléter son télégramme du matin, dans lequel il avait pu dire seulement qu'il était retenu au château par des affaires importantes. Dans sa lettre il expliqua ce qu'était cette affaire importante, et, sans répéter les espérances de ses cousins, il dit au moins les suppositions de Rébénacq ; un fait était certain : pour le moment il n'y avait pas de testament ; l'inventaire en ferait-il trouver un ? c'était ce que personne ne pouvait affirmer ni même prévoir en s'appuyant sur de sérieuses probabilités ; pour lui, il n'avait pas d'opinion, il ne concluait pas ; c'était trois jours à attendre.
Quand il eut achevé cette longue lettre, le soir tombait, un de ces soirs doux et lumineux propres à ce pays où si souvent la nature semble s'endormir dans une poétique sérénité, et n'ayant plus rien à faire il sortit, laissant ses pas le porter où ils voudraient.