Adeline eut une pensée de prévoyance pour Frédéric, à laquelle se mêlait un vague sentiment d'inquiétude:

—Vous me disiez hier que vous fermeriez la porte.

—Vous savez comme le premier mouvement court aux extrêmes. Il est certain, cependant, que nous allons nous trouver dans un certain embarras, mais enfin, avec votre aide, nous pouvons encore en sortir... au moins je l'espère.

—Que puis-je pour vous?

—Vous en rapporter à moi, et ne pas vous inquiéter quand quelque chose se présente mal. Soyez sûr que vous n'avez qu'un mot à dire pour qu'il y soit porté remède. Comme vous, mon cher président, je mets au-dessus de tout honneur de notre cercle, et, si j'osais le dire: avant vous, puisque, pour ceux qui savent, je suis le gérant responsable. Mais, à côté de l'honneur, de la respectabilité dont vous avez la garde, il y des intérêts respectables dont je me trouve chargé par ma gérance effective. On me les a confiés, ces intérêts.—A l'argent que j'ai mis dans cette affaire s'est ajouté l'argent qui m'a été confié,—et dont je suis responsable. Eh bien, laissez-moi l'administrer de façon à ce qu'il donne les produits légitimes qu'on est en droit d'attendre.

—Mais que puis-je?

—Vous ne voulez pas ma ruine; vous ne voulez pas celle des personnes qui ont eu confiance en moi?

—Certes, non.

—Soyez sûr qu'il ne sera jamais rien fait sous ma direction qui puisse nous compromettre ou même nous inquiéter.

—Que voulez-vous donc de moi?