Combaz restait raide, dans l'attitude d'un homme qui se tient sur ses gardes parce qu'il sent qu'il peut être facilement attaqué.
—Je vous remercie, cher monsieur, de ce que vous voulez bien me dire.
Et il enfila une phrase de politesse à laquelle il n'attachait en réalité aucun sens.
—Vous ne vous blesserez donc pas, commença Adeline, si je vous dis que vous jouez trop gros jeu.
Au contraire, Combaz se fâcha et, relevant la tête:
—Permettez, monsieur!
Adeline ne se laissa pas couper la parole:
—C'est à moi qu'il faut que vous permettiez, car je n'ai pas fini, je n'ai même pas commencé ce que j'ai à vous dire. Je suis le président de ce cercle, c'est en quelque sorte chez moi que vous jouez, et vous admettrez bien que j'ai le droit de vous adresser mes observations, alors surtout qu'elles sont dictées par votre intérêt...
—Mais, monsieur...
—Par celui de votre jeune femme si charmante, par celui de vos trois petites filles que vous venez d'embrasser dans leur lit pour accourir ici, et qui demain peut-être seront dans la rue, sans lit, sans pain.