—Tu vas bien? demanda-t-elle avec surprise.
—Mais oui. Pourquoi me demandes-tu cela? Ai-je donc l'air malade?
—Je te trouve pâle.
Il fallait expliquer cette pâleur.
—Je suis fatigué, dit-il; pour me remettre je vais passer une quinzaine avec vous; j'ai pris un congé.
—Quel bonheur!
Et ce fut elle à son tour qui l'embrassa tendrement. Ils montèrent en voiture, et Berthe prit les guides.
—Veux-tu me laisser conduire? dit-elle, j'espère qu'on me regardera un peu moins au retour, puisque je ne serai pas seule.
En effet, ç'avait été un événement pour Elbeuf de voir mademoiselle Adeline traverser la ville toute seule dans sa charrette.
Il y a deux gares à Elbeuf, l'une dans la ville même, l'autre où descendent les voyageurs qui viennent de Paris, à une assez grande distance, au milieu d'une plaine; ils avaient donc toute cette plaine de Saint-Aubin à traverser, c'est-à-dire un bon bout de chemin où ils pouvaient causer librement.