—Alors tu ne soupçonnais pas qu'il t'aimât?

—Je ne soupçonnais pas... c'est-à-dire que je voyais bien que M. Debs était très aimable avec moi; partout où j'allais, je le rencontrais; toujours je trouvais ses yeux fixés sur moi très... tendrement; il avait en me parlant des intonations d'une douceur qu'il n'avait pas avec les autres, ni avec Marie qui est mieux que moi, ni avec Claire qui est dans une situation de fortune supérieure à la nôtre, ni avec Suzanne, ni avec Madeleine, mais... les choses n'avaient jamais été plus loin.

—Maintenant elles ont marché, et il dépend de toi qu'elles en restent là s'il ne te plaît point.

—Je ne dis pas cela.

—Dis-tu qu'il te plaît?

—Il est très bien.

Devant ces réticences il revint à son idée: peut-être ne voulait-elle pas de ce mariage, et n'osait-elle pas l'avouer; il fallait lui venir en aide:

—Il est vrai qu'il est juif.

Elle se mit à rire franchement:

—Et qu'est-ce que tu veux que ça me fasse qu'il soit juif?