Elle se serra contre lui.

—C'est justement pour cela qu'il faut que tu t'expliques franchement. Tu dois comprendre que ce n'est pas pour t'obliger à te confesser que je te presse; que ce n'est pas pour lire dans ton coeur et pour te forcer, sans un intérêt majeur, à y lire toi-même. Je sens très bien que c'est un sujet délicat sur lequel une jeune fille à l'âme innocente comme l'est la tienne voudrait ne pas se prononcer et sur lequel un père, crois-le bien, voudrait n'avoir pas à appuyer. Mais il le faut.

—Je n'ai rien à te cacher.

—J'en suis certain et c'est ce qui me fait insister: depuis que tu as commencé à grandir, je t'ai mariée déjà bien des fois, mais jamais sans que nous soyons d'accord. C'est pour voir si maintenant cet accord existe que je te demande de me parler à coeur ouvert. Est-ce donc impossible?

—Oh! non.

—Qui prendras-tu pour confident, si ce n'est ton père? Où en trouveras-tu un qui t'écoute avec plus de sympathie?

Ils marchèrent quelques instants silencieusement et quittèrent la futaie pour entrer dans la forêt.

—Eh bien? demanda-t-il, voyant qu'elle ne se décidait point et voulant l'encourager.

Mais ce ne fut pas une réponse qu'il obtint, ce fut une nouvelle question:

—Pour voir si l'accord dont tu parles existe, ne peux-tu me dire ce que tu penses toi-même de M. Debs?