—Enfin, pour qu'il demande ta main, il faut bien qu'il pense que tu ne le refuseras point.
—Je l'espère, sans cela il ne serait pas du tout le mari que j'ai vu en lui, ce serait la fille de la maison Adeline qu'il rechercherait, ce ne serait pas moi, et c'est pour moi que je veux être épousée. Ce n'est pas à ta fortune que devaient s'adresser ces yeux tendres.
Ces quelques mots ouvraient à Adeline une espérance sur laquelle il se jeta:
—De sorte que, pour toi, si Michel ne trouvait pas la dot sur laquelle il doit compter, il ne se retirerait pas.
Oh! s'il était seul! Mais il ne l'est pas; il a sa grand'mère, sa mère, son oncle. Me laisserais-tu épouser un jeune homme qui n'aurait rien... que ses beaux yeux? Est-ce que c'est tout de suite que tu vas dire que tu ne peux pas me donner de dot?
—Il le faut bien.
—Alors, demain, Michel peut n'être plus... qu'un étranger pour moi!
Ce fut d'une voix tremblante qu'elle prononça ces quelques mots, avec un accent qui remua Adeline.
—Comme tu es émue!
—C'est qu'il n'y a pas que de l'humiliation dans un mariage manqué.