—Ton à peu près suffit. Deux enfants, n'est-ce pas?
—Un fils et une fille; celle-ci a épousé le baron Valentin.
—Un imbécile orgueilleux et avaricieux, mais cela importe peu. Quelle sont les relations du père et du fils? Le père est-il un homme dur, un vrai commerçant?
—Je n'en sais rien; mais on dit que c'est la mère qui est la tête de la maison.
—Mauvaise affaire!
—Pourquoi?
—Parce que les femmes de commerce n'ont pas le coeur sensible généralement. Sais-tu si le fils est associé ou intéressé dans la maison, et s'il a la signature?
—Je suis obligé de te répondre que je n'en sais rien, je n'ai pas de relation dans la maison.
Elle se renversa dans son fauteuil; et jetant sa jambe gauche par-dessus sa jambe droite en haussant les épaules:
—Comme on se fait sur les gens des idées que la réalité démolit, dit-elle. Ainsi te voilà, toi: tu es assurément un des hommes d'affaires les plus habiles de Paris, ta vie le prouve, car après avoir commencé par être l'avocat des actrices, des cocottes et des comtesses du demi-monde, ce qui personnellement avait des agréments, mais ce qui pécuniairement ne valait rien, tu es devenu l'avocat, c'est-à-dire, le conseil des gens de la finance et de la spéculation; au lieu de plaider simplement pour eux comme tes confrères, tu as fait leurs affaires, tu as été les arranger à Constantinople, à Vienne, à Londres, partout; il paraît que cela n'est pas permis dans votre corporation; tu t'es moqué de ce qui était défendu ou permis, tu as été récompensé de ton courage par la fortune, la grosse fortune que tu es en train d'acquérir. Aujourd'hui, quand on parle de Riolle à quelqu'un, on vous répond invariablement: «C'est un malin». Tu as la réputation de connaître ton Paris comme pas un. Eh bien, je viens à toi, et tu me réponds que tu ne peux pas me répondre!