Toutes étaient-elles rompues?

Où allait-elle?

Pourquoi s'enveloppait-elle de tant de précautions pour cacher ses absences?

Certainement elle était intelligente et fine, mais lui-même n'était ni naïf ni aveugle, et il ne lui avait pas fallu longtemps pour voir qu'elle n'était pas sincère dans les explications qu'elle lui donnait et qu'il ne lui demandait pas.

Quand même elle ne se serait pas troublée (et sont trouble prouvait bien qu'elle n'était pas aussi rouée qu'on le prétendait), Louise l'eût éclairé par son embarras, lorsque, rentrant à l'improviste, il l'interrogeait et n'obtenait d'elle que des réponses évasives, telles qu'en peut faire une femme de chambre dévouée qui ne veut pas trahir sa maîtresse.

Tout cela formait un ensemble de faits qui n'étaient que trop significatifs et qui pour lui ne s'expliquaient pas.

En effet, comment expliquer que Cara sortait tous les dimanches depuis midi jusqu'à sept heures du soir? Elle était pieuse, cela était vrai, et bien qu'elle se cachât pour dire ses prières, et qu'elle eût placé son prie-Dieu dans un cabinet retiré, où personne ne pénétrait, au lieu de l'exposer à l'endroit le plus en vue de sa chambre à coucher, comme tant de femmes le font, il était impossible de ne pas savoir, quand on avait vécu de sa vie, qu'elle accomplissait avec régularité certaines pratiques religieuses; mais, si dévote qu'on soit, on ne reste pas dans les églises de midi à sept heures, même le dimanche.

Il n'y a pas d'offices le jeudi qui durent quatre ou cinq heures.

Il n'y en a pas davantage qui reviennent périodiquement et régulièrement le 17 de chaque mois.

Et puis, si telle avait été la raison qui la faisait sortir et la retenait dehors, pourquoi ne l'eût-elle pas dit tout simplement?