—À la mairie vous pouvez vous marier l'un et l'autre, à l'église vous ne pouvez vous marier ni l'un ni l'autre avant que votre premier mariage soit dissous soit par la mort naturelle de l'un de vous, soit par l'autorité ecclésiastique au cas où les formalités exigées n'auraient pas été toutes observées.
—C'est bien ce que je pensais, je te remercie.
—Il n'y a pas de quoi, ma pauvre fille, car un pareil mariage ne signifie rien.
—Tu raisonnes comme un simple avocat, que tu es, et, ce qui est pire, comme un incrédule; mais tu oublies qu'il y a des familles, et elles sont nombreuses, qui, même sans pratiquer la dévotion, considèrent le mariage religieux comme un vrai mariage; enfin tu oublies encore qu'il n'y a pas beaucoup de jeunes filles qui consentiraient à prendre un mari qui ne pourrait pas faire consacrer leur mariage par l'Église; tu vois donc que ce mariage religieux signifie quelque chose au contraire, et même qu'il signifie beaucoup. En tout cas, ce que tu m'as dit me suffit, et je t'en remercie.
—Veux-tu me payer mes honoraires?
—C'est selon.
—Avec une réponse.
—Oh! alors volontiers.
—À quand ce mariage?
—La date n'est pas fixée, mais ce sera peut-être pour bientôt; au revoir, cher ami, et encore une fois merci.