—Soyez certaine que je ne penserai qu'à ce sentiment. Je n'ai pas le droit, chère tante, de me montrer bien rigoureuse, bien exigeante. Moi aussi j'ai besoin d'indulgence. Moi aussi j'ai à me faire pardonner.
Sa tante la regarda avec une anxieuse curiosité:
—Et quoi donc? demanda-t-elle.
—Ma profession. Ce n'est plus Madeleine Haupois que vous donnez pour femme à votre fils, c'est Madeleine Harol. Je suis comédienne, et, quoique ma conscience me permette de me tenir la tête haute partout et devant tous, il n'en est pas moins vrai qu'aux yeux du monde il y a une tache sur mon front.
À ce moment, M. Haupois rentra dans le bureau.
—Nous avons causé; Madeleine est la meilleure des filles, la plus tendre, la plus généreuse, nous nous entendrons.
Madeleine remarqua que son oncle avait fait toilette, et elle se rappela que pour lui c'était l'heure de sa promenade habituelle.
—Est-ce que vous voulez bien que je vous accompagne aux Champs-Élysées? dit-elle.