—Un seul mot.

—Mais....

—Mieux vaut le dire tout de suite que plus tard, puisqu'il est douloureux et qu'il doit être dit: ces affaires sont embarrassées ... très-embarrassées; nous avons des dettes qui certainement dépasseront notre avoir; de combien, je ne sais, car mon pauvre papa, pour ne pas m'effrayer, ne me disait pas tout; mais enfin ces dettes se révéleront assez lourdes, je le crains: qu'il soit bien entendu que je veux qu'elles soient toutes payées.

—C'est bien ainsi que je le comprends.

—On n'est pas la fille d'un magistrat sans entendre parler des choses de la loi; j'ai des droits à faire valoir comme héritière de ma mère; j'abandonne ces droits, j'abandonne tout, je consens à ce que tout ce que je possède soit vendu pour que ces dettes soient payées.

Mais Léon ne partit pas le soir pour Rouen comme il le désirait, car il trouva rue Royale une dépêche de son père annonçant son arrivée à Paris pour le soir même.

Ce que Léon voulait en se rendant à Rouen, c'était prendre connaissance des affaires de son oncle, et dire aux créanciers qui allaient s'abattre menaçants qu'ils n'avaient rien à craindre, qu'ils seraient payés intégralement et qu'il le leur garantissait, lui Léon Haupois-Daguillon, de la maison Haupois-Daguillon de Paris.

Son père à Balaruc, cela lui était facile, il n'avait personne à consulter, il agissait de lui-même, dans le sens qu'il jugeait convenable.

Mais l'arrivée de son père à Paris changeait la situation.

Il fallait laisser à celui-ci le plaisir de sa générosité envers cette pauvre Madeleine; cela était convenable, cela était juste, et, de plus, cela était, jusqu'à un certain point, habile; on s'attache à ceux qu'on oblige; le service rendu serait un lien de plus qui attacherait son père à Madeleine; il l'aimerait d'autant plus qu'il aurait plus fait pour elle.