—Et pourquoi tiens-tu tant à savoir ce que je pense de Madeleine?
—Pour une raison que je te dirai quand tu auras bien voulu me répondre.
Ces quelques paroles s'étaient échangées rapidement; la voix du fils était émue; celle de la mère était inquiète.
Cependant tous deux avaient pris le ton de l'enjouement.
—Sur quoi porte ta question? demanda madame Haupois-Daguillon, qui paraissait vouloir gagner du temps et peser sa réponse avant de la risquer.
—Comment sur quoi? Mais sur Madeleine, puisque c'est d'elle que je te parle.
—J'entends bien, mais toi aussi tu m'entends bien; tu me demandes comment je trouve Madeleine; est-ce de sa figure que tu parles? de son esprit, de son coeur, de son caractère?
—De tout.
—Quand je voyais Madeleine, elle était une bonne petite fille, intelligente.
—N'est-ce pas?