—Eh bien, alors?
—Si les bourgeois n'ont pas peur, ils crieront; et si la troupe n'a rien à faire, elle ne sera pas contente. Il faut donc des barricades.
—Je comprends ça. Mais quand les barricades commencent, on ne peut pas savoir où et comment elles finiront.
—On n'en laissera faire que juste ce qu'il faudra.
Un nouvel arrivant interrompit ce colloque, et je retombai dans mes réflexions.
Je passai là deux heures dans une angoisse mortelle. Enfin Poirier arriva. Dès qu'il me reconnut, il vint à moi, souriant et les mains tendues.
—Vous voulez que je vous présente au prince? dit-il.
—Vous me mépriseriez si j'avais attendu l'heure du succès pour me décider à pareille démarche.
—Je ne méprise que les imbéciles, et cette démarche serait d'un homme intelligent et pratique; j'aime beaucoup les gens pratiques. Enfin, puisque ce n'est pas de cela qu'il s'agit, que puis-je pour vous?
Je lui expliquai le service que j'attendais de sa toute-puissance.