—Quelques mots de l'officier de l'état-major qui relève ces contrées, me dit-il, me fortifieront auprès de nos ingénieurs.

Et sous sa dictée, pour ainsi dire, je t'écrivis la lettre géographique à laquelle tu as répondu, sans te douter bien certainement des conditions dans lesquelles je me trouvais, en te questionnant ainsi brusquement, sur un sujet que nous n'avons point l'habitude de traiter.

Ce ne fut pas tout; il me pria encore de lui écrire une lettre dans laquelle je consignerais tout ce que je savais sur cette question.

J'étais pris de telle sorte qu'il m'était impossible de refuser; je fis donc ma lettre en m'attachant surtout à m'enfermer dans une vérité rigoureuse, puis je ne pensai plus à cette affaire.

Mais hier je reçus la visite de M. de Solignac; il m'apportait un long rapport sur ces barrages et, dans ce rapport, se trouvaient ma lettre et la tienne, «lettres émanant de deux officiers, disait une note, qui, à des titres différents, ont toute autorité pour parler de cette question.»

Cela me fit faire une grimace qui s'accentua singulièrement quand M. de Solignac m'offrit un paquet d'actions libérées de sa compagnie.

Bien entendu, je ne les ai point acceptées. Mais le refus a été dur et la discussion difficile.

LI

Dans les anciens fabliaux, il y a un sujet qui revient souvent sous la plume des trouvères, à savoir si un amant peut être heureux en respectant la pureté de sa dame.

Je me rappelle avoir lu sur cette question de longues dissertations plaintives, mais combien sont légères les impressions de la lecture, à côté de celles que donne la réalité.