—Qu'a dit Horton?

—Hier soir, il n'a rien dit, si ce n'est que l'état était fort grave. Cependant M. de Solignac a bientôt repris sa pleine connaissance. Ce matin, M. Horton, qui vient de partir, a été plus précis. M. de Solignac avait été frappé par une congestion au cerveau, ce qui avait amené son évanouissement.

—Est-ce une attaque d'apoplexie?

—Je ne sais; Horton n'en a point parlé. Il regarde cette congestion comme une menace sérieuse....

Elle s'arrêta. Je la regardai pour lire dans ses yeux le mot qu'elle n'avait pas prononcé, mais elle tenait ses paupières baissées et je ne pus pas deviner sa pensée. Comme elle ne continuait pas, je n'eus pas la patience d'attendre.

—Ce danger est-il imminent? dis-je à voix basse.

—Il pourrait le devenir, m'a dit Horton, si M. de Solignac ne reste pas dans un calme absolu et surtout s'il a conscience de son état et du danger qui le menace; une émotion vive peut le tuer.

—Et qui lui donnera cette émotion? vous pouvez, il me semble, faire ce calme autour de lui.

—Moi, oui, et je le ferai assurément; mais le trouble peut venir du dehors.

—Vous êtes maîtresse chez vous, vous pouvez fermer votre porte.