Je restai un moment sans répondre, puis prenant mon courage et ne baissant plus les yeux:

—Je vous remercie, mademoiselle, d'aborder ce sujet, car il me charge d'un poids trop lourd.

—Vous êtes malheureux d'avoir pris un platane pour un saule; c'est trop de susceptibilité botanique.

—Ce n'est pas de la botanique qu'il s'agit, mais d'une chose sérieuse.

Il était évident qu'elle voulait que l'entretien sur ce sujet n'allât pas plus loin; mais, puisque nous étions engagés, je voulais, moi, aller jusqu'au bout.

—Je vous en prie, mademoiselle, écoutez-moi sérieusement.

—Il me semble cependant qu'il n'y a rien de sérieux là dedans; j'ai voulu plaisanter, et je vous assure que dans mes paroles, quelque sens que vous leur prêtiez, il n'y a pas la moindre intention de reproche ou de blâme.

—Si le blâme n'est pas en vous, il est en moi.

—Hé bien alors, pardonnez-vous vous-même, et n'en parlons plus.

—Parlons-en au contraire, et je vous demande en grâce de m'écouter; soyez convaincue que vous n'entendrez pas un mot qui ne soit l'expression du respect le plus pur.