—Il n'y avait pas besoin de faire tout ce tapage pour cela: je ne suis pas invisible, répliqua Poirier.

—Si, monsieur, vous êtes invisible, puisque vous vous cachez; il y a trois heures que je suis ici et que je vous attends; vos domestiques ont voulu me renvoyer, mais je ne me suis pas laissé prendre à leurs mensonges. Tout à l'heure on a laissé entrer quelqu'un qu'on a fait passer par la salle à manger, tandis que j'étais dans le vestibule. Alors j'ai été certain que vous étiez ici, j'ai voulu arriver jusqu'à vous et j'y suis arrivé malgré tout, malgré vos domestiques, qui m'ont déchiré, dépouillé.

—Ils ont eu grand tort, et je les blâme.

—Oh! vous savez, il ne faut pas me faire la scène de M. Dimanche; je la connais, j'ai vu jouer le Festin de Pierre, arrêtez les frais, pas besoin de faire l'aimable avec moi; je ne partirai pas séduit par vos manières; ce n'est pas des politesses qu'il me faut, c'est de l'argent. Oui ou non, en donnez-vous?

—Je vous ai déjà expliqué, la dernière fois que je vous ai vu, que j'étais tout disposé à vous payer, mais que je ne le pouvais pas en ce moment.

—Oui, il y a trois mois.

—Croyez-vous qu'il y ait trois mois?

—Ne faites donc pas l'étonné; ce genre-là ne prend pas avec moi. Oui ou non, payez-vous?

—Aujourd'hui non, mais dans quelques jours.

—Donnez-vous un à-compte?