—Cela est vrai, n'est-ce pas?

—Assurément, et d'une telle évidence, que je ne croyais pas avoir besoin de répondre à votre interrogation.

—Il vaut toujours mieux s'expliquer.

—Je connais et j'admire votre foi.

—Eh bien! mon cher ami, je voudrais en dire autant de vous; je ne connais pas vos croyances, je ne sais pas ce qu'elles sont et ne sais même pas si vous en avez. Dans la conversation et dans les relations de la vie, je vous ai toujours vu d'une tolérance parfaite pour les idées des autres, les respectant en tout; et les quelques paroles de scepticisme ou de raillerie qui vous ont quelquefois échappé étaient si bénignes, que je me demande ce qu'il faut penser de vous, ou, pour parler franchement, je vous le demande.

Cette fois il n'y avait plus moyen de s'échapper, il fallait répondre.

Ce fut le coeur serré et la voix presque tremblante que le capitaine fit sa réponse:

—Il me semble que précisément cette tolérance parlait pour moi.

—Comment cela?

—Qui dit croyant dit absolu dans sa foi, convaincu de l'excellence de cette foi et plein de mépris pour les erreurs des autres.