De son côté M. de la Roche-Odon trouvait que cet entretien avait mieux tourné qu'il ne l'avait cru en l'engageant.

Sans doute il était désolé de la confession du capitaine.

Mais enfin, lorsqu'il avait décidé de risquer cet interrogatoire, il avait craint des réponses plus mauvaises que celles qu'il avait obtenues.

Si le capitaine ne croyait pas, il n'était nullement prouvé qu'il ne croirait pas un jour.

Entraîné par les exigences de la vie, il avait oublié les principes religieux de sa jeunesse.

D'ailleurs, par quelle instruction avaient-ils été développés, ces principes? Par celle qu'on reçoit dans les colléges. Et justement le comte n'avait aucune confiance dans cette instruction; n'avait-il pas entendu dire sur tous les tons que l'université ne fait que des incrédules ou des indifférents? Ce résultat avait été obtenu pour M. de Gardilane, qui ne se trouvait pas ainsi tout à fait responsable de l'état présent de sa conscience.

Le collége avait commencé l'indifférence, le monde, les mauvais exemples, les mauvaises lectures l'avaient achevée.

C'était la marche ordinaire des choses, mais elle ne l'avait pas conduit, comme cela arrive trop souvent, jusqu'à l'irréligion et l'incrédulité absolues.

Il avait dit, à la vérité, un mot bien grave sur la religion chrétienne, «qui, telle qu'elle est demeurée, se trouve en lutte avec la société telle que celle-ci est devenue.»

Mais il ne fallait pas attacher trop d'importance à cette parole, puisque justement il ne savait pas ce qu'était cette religion dont il parlait légèrement.