Ce nouvel arrivant était un jeune homme vêtu avec élégance, portant au cou une cravate voyante et aux mains des pierreries qui jetaient des feux; son visage était rasé comme celui d'un prêtre ou d'un comédien, ses cheveux noirs étaient frisés.

Comme le dialogue qui s'était engagé entre lui et le petit groom, avait lieu à voix basse et en italien, madame Prétavoine n'entendait pas les paroles qu'ils échangeaient rapidement, et deux mots seulement arrivaient jusqu'à elle: «mylord et Ardea.»

Mais lorsque deux Italiens s'expliquent, il n'est pas indispensable bien souvent d'entendre ce qu'ils disent, pour les comprendre il n'y a qu'à les regarder, tant leur mimique est expressive.

Et madame Prétavoine ne perdait pas un de leurs mouvements.

—Ma maîtresse est avec «mylord,» disait le groom, vous ne pouvez pas entrer.

Là-dessus la physionomie du jeune élégant avait exprimé un vif mécontentement.

—Ardea, avait-il dit en accompagnant ce nom de pays d'autres mots que madame Prétavoine n'avait pas entendus.

—Revenu à l'improviste, avait répliqué le groom.

—Et va-t-il bientôt s'en aller?

Deux bras grands ouverts, la tête baissée en avant furent une réponse qui n'avait pas besoin de traduction.