Tout à coup Bérengère abandonna le capitaine devant la cheminée, se dirigea vers la table chargée de linge, et prenant la pièce à laquelle Sophie travaillait en ce moment, elle la montra à miss Armagh, qui, assise près de cette table n'avait pas bougé depuis qu'elle était entrée.
—Est-ce que vous trouvez cette reprise mal faite? demanda-t-elle.
Et elle lui mit la reprise sous le nez.
Mais le jour avait baissé et l'ombre avait peu à peu rempli la cuisine.
—Je ne vois pas bien, dit miss Armagh.
—Regardez de près, je vous prie, continua Bérengère; j'ai soutenu l'autre jour à la femme de charge que ces reprises étaient parfaites, et je serai bien aise, si la discussion recommence à ce sujet, d'être appuyée par votre autorité, devant laquelle il n'y a qu'à s'incliner.
Miss Armagh tenait trop au prestige de son autorité, pour ne pas déférer à une demande qui lui était présentée en ces termes: elle aimait d'ailleurs à rendre des jugements, même sur une question de couture.
Elle quitta sa chaise, et prenant la pièce de lingerie que Bérengère lui tendait, elle se dirigea vers la porte pour bien voir la reprise qui était soumise à son jugement, et aussi pour mettre ses lunettes, sans que le capitaine et Sophie s'en aperçussent.
C'était là que Bérengère l'attendait; elle la suivit, et même elle l'attira en dehors de la maison.
—Nous serons mieux dehors, dit-elle, et nous profiterons des dernières lueurs du jour.