—Au revoir, mon cher capitaine, dit le comte. A demain matin, j'irai vous voir avant déjeuner.
Le capitaine sortit bouleversé.
—Fini, c'était fini.
Il s'éloigna à grands pas, marchant avec violence, la tête perdue, le coeur brisé, se répétant tout haut machinalement:
—Fini, c'est fini.
Puis quand il fut arrivé au bout de l'avenue, il revint sur ses pas jusqu'à la grille, et là, s'appuyant contre un chêne, il resta à regarder les fenêtres du château, et parmi ces fenêtres celles de la chambre de Bérengère, qui étaient éclairées.
Ah! comme il l'aimait! Pour la première fois, par la douleur, il sentait toute la puissance de son amour, c'était la mort qui lui apprenait combien lui était chère celle qu'il avait perdue.
Car elle était perdue, à jamais perdue, et par sa faute.
Pourquoi avait-il parlé? Ne pouvait-il se taire? Quelle stupidité avait été la sienne!
Et il entra dans une colère folle contre lui-même; il s'accabla de reproches et d'injures; il se frappa la poitrine à grands coups.