—Eh bien, ma chère mignonne, laisse-moi te dire qu'il ne faut pas s'abandonner ainsi à ses nerfs, car alors il arrive fatalement qu'au lieu de nous obéir comme cela se doit, c'est nous qui leur obéissons et qui devenons leurs esclaves; cela n'est pas d'une jeune fille de ton âge.

—Tu as raison, grand-papa, et je t'assure que je n'ai pas attendu ton observation pour me dire que j'avais été parfaitement ridicule.

—Ridicule?

—Si, grand-papa, je l'ai été, je te soutiens que je l'ai été, et je veux m'en excuser auprès de M. de Gardilane.

—Ne va pas d'un excès à l'autre, je te prie.

—Sois tranquille, je ne veux pas lui faire de plates excuses; j'ai été désagréable avec lui hier, je veux être aimable aujourd'hui, voilà tout.

—Bien, mon enfant; il faut toujours savoir réparer sa faute.

Ils ne tardèrent pas à arriver à l'entrée de la ville.

—Et par où commençons-nous nos visites? demanda le comte.

—N'as-tu pas rendez-vous avec M. de Gardilane?