—M. de la Roche-Odon se blesse facilement.

—Il ne peut pas trouver mauvais qu'une mère ait pensé à apporter des consolations à une mère qui, depuis plusieurs années, est séparée de son enfant. C'est dans ce sens que j'ai accepté la lettre de M. Filsac; c'est uniquement pour vous parler de mademoiselle Bérengère.

Et longuement, abondamment, elle parla de Bérengère.

De sa beauté, de sa grâce, de son esprit, de sa bonté, de sa charité, de sa piété.

Ce fut un portrait complet, avec des petites anecdotes caractéristiques habilement choisies et souvent même habilement inventées; en ce sens au moins qu'avec un rien insignifiant elle faisait quelque chose d'important.

Madame de la Roche-Odon écoutait attentivement, mais elle questionnait fort peu, encore le faisait-elle sans se livrer et sans qu'on pût conclure de ses paroles quels étaient ses sentiments pour sa fille.

Dans son impatience, madame Prétavoine risqua une attaque qui pouvait amener madame de la Roche-Odon à se prononcer.

—M. Filsac voulait encore me charger de paroles que, par déférence pour M. le comte de la Roche-Odon, je n'ai pas cru devoir accepter.

—Ah! dit madame de la Roche-Odon sans montrer la moindre curiosité à l'égard de ces paroles.

—Il voulait, continua madame Prétavoine, que je fisse valoir auprès de vous les raisons qui, selon lui, devraient vous amener à provoquer l'émancipation de mademoiselle Bérengère, qui deviendrait libre ainsi d'habiter près de qui elle voudrait.