—J'avais cependant bien recommandé qu'on vous dit que le danger que vous redoutiez n'existait pas.

—Quel danger?

—Mais celui dont vous m'aviez parlé, que M. Aurélien aime cette Rosa Zampi.

—Que me dites-vous là, mon excellent monsieur Baldassare.

—Je ne dis pas que M. Aurélien n'a pas trouvé que Rosa n'était pas une belle fille, car c'est vraiment une très-belle fille, mais rien n'indique qu'il éprouve véritablement de l'amour pour elle, et quant à l'épouser il n'y à rien à craindre de ce côté. Rosa n'est pas une fille qu'on épouse, et la preuve c'est que ceux qui l'ont aimée ne l'ont pas épousée.

—Mais ce qu'on m'a rapporté...

—Ce qu'on vous a rapporté, c'est que M. Aurélien et un autre Français de ses amis avaient fréquenté le cabaret de Rosa Zampi; cela est vrai.

—Vous voyez bien.

—C'est-à-dire que c'est vrai et que ce n'est pas vrai; pendant plusieurs jours on les a vus chez Zampi, et tout de suite on a dit qu'ils venaient pour sa fille, ce qui est bien possible, car ce spaccio divino n'est pas un endroit où vont ordinairement des personnes de la classe de M. Aurélien; mais bien que M. Aurélien ait fréquenté ce débit, cela ne prouve pas qu'il aime Rosa; ce qu'on appelle aimer d'amour, ni surtout qu'il ait eu la pensée de la prendre pour femme. Ceux qui vous ont fait un pareil récit ont commis une grosse exagération.

—Vous en êtes sûr?