De son côté, la vicomtesse pouvait se fâcher avec Cerda.

Et si l'un ou l'autre de ces résultats se produisait, c'en était fait de toutes ses combinaisons; il fallait trouver autre chose pour amener une rupture entre madame de la Roche-Odon et lord Harley.

Il y avait donc urgence à agir, ou plus justement à faire agir mademoiselle Rosa Zampi, principal personnage de la pièce qui allait se jouer.

Madame Prétavoine avait longuement réfléchi à la façon dont elle devait imprimer l'impulsion à cette marionnette.

Sans doute, la chose en soi ne présentait pas de grandes difficultés.

En écrivant à Rosa Zampi une lettre anonyme que copierait le premier écrivain public venu, et en disant dans cette lettre que Cerda était l'amant de madame de la Roche-Odon, il était bien certain que la jalousie de cette Transtévérine, prompte aux coups de couteau, lui ferait faire quelque éclat.

Ce qu'il fallait à madame Prétavoine, ce n'était pas un coup de couteau donné dans le spaccio di vino de M. Zampi père; que lui importait en effet que Cerda reçût ou ne reçût pas des coups de couteau?

Pour elle, pour ses intérêts, il n'y avait qu'une chose utile, c'était que le scandale, si scandale il y avait, ou le coup de couteau (ce qui était meilleur), eussent pour théâtre l'appartement même de madame de la Roche-Odon, de telle sorte que lord Harley ne pût pas conserver le moindre doute ni la plus légère illusion sur ce qui se serait passé.

Mais comment ouvrir l'appartement de la vicomtesse à mademoiselle Rosa Zampi?

Là était la difficulté,—le point délicat,—l'inconnue à dégager et à trouver.