—Que voulez-vous que j'écrive?
—Quelques lignes pour lui dire que vous partez ce soir pour Naples, d'où vous ne reviendrez que dans cinq ou six jours, et qu'en conséquence vous le priez de retarder jusque-là le remboursement qu'il devait vous faire demain.
Pendant qu'Aurélien écrivait cette lettre, madame Prétavoine entassait dans un sac le linge et les objets de toilette qui pouvaient être nécessaires à son fils pour ce court voyage.
Comme Aurélien, ayant achevé sa lettre, allait se lever de devant le bureau sur lequel il l'avait écrite, sa mère s'approcha de lui.
—A propos, dit-elle, donnez-moi votre cahier de chèques.
Il la regarda avec surprise, car, bien qu'il n'eût jamais fait d'affaires de banque, il connaissait assez ces sortes d'affaires pour savoir qu'un cahier de chèques ne peut servir qu'à la personne à laquelle il appartient, puisque c'est cette personne seule qui doit remplir le chèque et le signer.
—J'en ai besoin, dit-elle.
Il ouvrit les lèvres pour prononcer le mot «pourquoi?» mais il les referma sans avoir dit ce mot.
Il baissa même les yeux sous le regard de sa mère, et ouvrant les tiroirs de son bureau, il lui donna le cahier qu'elle demandait. Sans deviner ce qu'elle en voulait faire, il sentait vaguement qu'il valait mieux ne pas la questionner à ce sujet.
—Que devons-nous faire de cette lettre? demanda-t-il.