«Mon cher prince,
«Forcé de partir pour Naples, à l'improviste, je ne puis vous faire prévenir de ne pas vous déranger demain. Et comme je ne sais où vous envoyer ce mot (passerez-vous la nuit via Gregoriana ou au Corso), je prends le parti de le laisser ici pour vous prier d'agréer mes excuses.»
—Stupide bête! s'écria le prince, je m'en fiche bien de tes excuses.
Mais sans se laisser emporter par la colère, il continua sa lecture.
«Quand je serai de retour, j'aurai le plaisir d'aller vous faire ma visite et nous réglerons alors l'affaire pour laquelle je suis désolé que vous ayez pris la peine de vous déranger aujourd'hui; et si par malheur vous n'avez pas été sage, eh bien! nous attendrons.
«Encore une fois pardonnez-moi et, avec mes regrets, agréez l'assurance de mes sentiments dévoués.
«Aurélien PRÉTAVOINE.»
Michel resta un moment abasourdi.
Parti pour Naples!
Et instinctivement il chercha au bas de la lettre l'adresse «de cet imbécile.»