Bientôt on arriva à la porte qui regarde le mont Palatin et madame Prétavoine tenant la croix droite, se présenta pour passer.
Ce qui s'était produit déjà à la porte orientale se répéta, on barra le passage au cortége.
Mais cette fois celle qui tenait la tête de ce cortége n'était pas d'humeur à se retirer docilement. Inclinant la croix en avant comme elle eût fait d'une lance, elle la présenta à ceux qui lui faisaient obstacle et ils reculèrent de quelques pas; peut-être eussent-ils foncé sur une lance, mais pour un Italien mettre la main sur une croix est une grande affaire.
Profitant de ce moment d'hésitation, madame Prétavoine avança vivement et celles qui étaient derrière elle enhardies, la suivirent.
Il y eut un mouvement de bagarre et de confusion; malheureusement dans ce pêle-mêle madame Prétavoine avait redressé la croix; alors l'homme de police ne voyant plus devant son visage ce signe saint, reprit courage et en même temps le sentiment de la consigne; s'avançant à son tour il mit la main sur l'épaule de madame Prétavoine.
D'autres gens de police étaient accourus et l'entrée se trouvait barrée.
—Osez-vous porter la main sur une chrétienne, s'écria madame Prétavoine en se servant de sa langue maternelle, sur une Française!
—Il est défendu d'entrer, vous n'entrerez pas, répondit en italien l'homme de la police.
—Que dit-il? demanda madame Prétavoine à la soeur Sainte-Julienne.
Celle-ci traduisit les quelques mots qui venaient d'être prononcés.