—A celle servie en maigre.

—Madame?...

—Madame Prétavoine et M. Aurélien Prétavoine.

II

—Et maintenant, dit doucement madame Prétavoine, lorsqu'elle se trouva seule avec son fils dans le salon, sur lequel ouvraient leurs deux chambres, maintenant mon avis est que nous nous partagions le travail; pendant que j'irai faire visite à madame la vicomtesse de la Roche-Odon et lui parlerai de Bérengère, vous irez à l'ambassade voir votre ancien camarade, M. de Vaunoise, et vous lui parlerez, surtout vous le ferez parler de madame de la Roche-Odon, il pourra nous être utile; par lui vous apprendrez les bruits du monde sur madame de la Roche-Odon et sur son fils, le prince Michel Sobolewski, avec qui M. de Vaunoise a dû se rencontrer. Peut-être même M. de Vaunoise pourra-t-il vous mettre en relation avec ce jeune homme. Une camaraderie qui s'établirait tout naturellement entre vous et le frère de votre future femme vaudrait mieux qu'une liaison qui viendrait à la suite d'une présentation officielle. Si vous voulez que votre mariage réussisse...

—Si je le veux?

—Je pense que vous le voulez, mais je dis que pour cela il ne faut pas que nous éprouvions ici un échec comme nous en avons éprouvé un à Condé. Il est donc important de manoeuvrer avec prudence et de n'avancer que pas à pas. Aujourd'hui, préparons le terrain du côté de madame de la Roche-Odon et de son fils. Plus tard, nous agirons ailleurs.

—En tous cas, dit Aurélien, nous ne pouvons faire ces visites qu'après déjeuner.

—Assurément.

De tous les hôtels de Rome, la Minerve est assurément le plus curieux.