Mais ces rencontres ne valaient pas une camaraderie journalière telle que celle qui s'établit dans un cercle.
Si Aurélien, au lieu d'être du cercle de Saint-Pierre, avait été du club de la Caccia, il aurait été près de Michel, alors que celui-ci jouait, il aurait même pu jouer avec lui, en tout cas il l'aurait surveillé, il aurait su au juste ce qu'il perdait, et dans des heures de déveine et de détresse, rien n'eût été plus naturel que d'offrir son portefeuille au perdant; cela se faisait facilement, pour ainsi dire forcément.
De là des liens nouveaux et plus solides.
Au contraire, séparés comme ils l'étaient, ne fréquentant pas le même monde, il se trouvait que ce qui eût été action était simplement récit: grand désavantage pour Aurélien.
Encore ces récits étaient-ils bien souvent incomplets, et Aurélien n'apprenait-il les pertes de «son ami» que par la mauvaise humeur de celui-ci.
Dans les premiers temps, il avait nettement posé des questions à Michel:
Mais, un jour que Michel n'avait pas été heureux, il s'était fâché.
—Pourquoi diable vous inquiétez-vous toujours de mon jeu? Est-ce que vous souhaitez ma ruine?
Et il avait fallu plus de circonspection et plus d'adresse.
De même madame Prétavoine, pour avoir voulu aller trop vite avec mademoiselle Emma, avait vu celle-ci prendre une figure glaciale le jour où elle avait soupçonné qu'on voulait la faire parler sur sa maîtresse.