—Rien ou presque rien.

—Tu sais qu'on croit que le crime a été commis par un boucher.

—Le commissaire a ramassé le couteau devant moi, et c'est bien un couteau de boucher; de plus, le coup qui a tranché la gorge de Caffié a été porté par une main habituée à l'égorgement; c'est ce que j'ai indiqué dans mon rapport.

—Depuis, des recherches plus attentives que celles du premier moment ont fait découvrir sous un meuble un bouton de pantalon...

—Qui aurait été arraché dans une lutte entre Caffié et son assassin, j'ai lu cela dans un journal; mais, pour moi, je ne crois pas à cette lutte: la position de Caffié dans le fauteuil où il a été frappé et où, il est mort indique que le vieux coquin a été surpris; d'ailleurs s'il ne l'avait pas été, s'il avait lutté, il aurait crié, et sans doute il se serait fait entendre.

—Si tu savais comme je suis heureuse de t'entendre dire cela, s'écria-t-elle.

—Heureuse! Qu'est-ce que cela peut te faire?

Il l'examina surpris.

—Que t'importe que Caffié ait été tué avec ou sans lutte? Tu l'avais condamné, il est mort; cela doit te suffire.

—J'ai eu bien tort de porter cette condamnation, en causant et sans y attacher d'importance.