Il fallait répondre, et dans ces conditions un refus n'était pas explicable.
—Voulez-vous demain? dit-il.
—Demain, c'est entendu. Votre heure?
Avant de répondre, Saniel alla à son bureau et consulta un almanach, ce qui parut parfaitement ridicule à Balzajette:
—Est-ce qu'il s'imagine, le jeune confrère, que je vais croire son temps si étroitement pris, qu'il lui faut des combinaisons pour me donner une heure? Mais ce n'était point une combinaison de ce genre que Saniel cherchait: poser devant cette vieille baderne, l'éblouir, il avait bien la tête à cela! Son almanach donnait le lever et le coucher du soleil, et c'était l'heure précise de ce coucher qu'il voulait: 26 mars, 6 h. 20 m.; à ce moment, il ne ferait pas encore assez nuit pour que les lampes fussent allumées chez madame Dammauville, et déjà, cependant, le jour serait assez sombre pour que dans l'incertitude du soir elle le vît mal.
—Voulez-vous six heures un quart? Je passerai vous prendre à six heures.
—Volontiers; seulement je vous demanderai d'être très exact; j'ai un dîner pour sept heures, rue Royale.
Et Saniel promit l'exactitude; ce dîner était une circonstance favorable qui lui promettait de sortir de chez madame Dammauville avant qu'on apportât les lampes.
Quand Balzajette fut parti, il alla rejoindre Philis dans la salle à manger où elle attendait anxieuse:
—Rendez-vous est pris pour demain, à six heures un quart, chez madame Dammauville.