—Il faut vous dire, interrompit Balzajette, qu'avant d'habiter cette maison, cette vieille maison qui lui appartient, madame Dammauville occupait un appartement plus moderne, où elle était chauffée au calorifère, et où, par conséquent, il lui était facile de maintenir une température douce et uniforme à laquelle elle s'était habituée.

—En venant m'installer dans cette maison, où il n'était pas possible d'établir un calorifère, continua madame Dammauville, j'ai employé tous les moyens pour me mettre à l'abri du froid qui, j'en suis certaine, est mon grand ennemi: vous pouvez voir que j'ai fait poser de doubles bourrelets aux portes comme aux fenêtres.

Malgré cette invitation et le geste qui l'accompagnait, Saniel se garda bien de tourner la tête du côté de la fenêtre; il maintint son visage dans l'ombre, se contentant de regarder la porte qui lui faisait face.

—En même temps, continua madame Dammauville, j'ai appliqué des tentures sur les murs, des tapis sur le parquet, d'épais rideaux aux fenêtres, des portières aux portes, et malgré les grands feux que j'entretiens dans ma cheminée, bien souvent je n'arrive pas à me réchauffer.

—Est-ce que vous allumez aussi ce poêle? demanda Saniel en montrant un petit poêle mobile placé au coin de la cheminée.

—La nuit seulement, afin que mes domestiques n'aient pas à se relever d'heure en heure pour entretenir le feu de la cheminée: on le charge le soir avant que je m'endorme, on place le tuyau dans la cheminée, et jusqu'au matin il maintient une chaleur à peu près suffisante.

—J'estime qu'il conviendra de supprimer ce mode de chauffage, qui peut avoir de graves inconvénients, dit Saniel, et, mon confrère et moi, nous examinerons tout à l'heure la question de savoir s'il ne serait pas possible de vous donner la chaleur qu'il vous faut, rien qu'avec cette seule cheminée, sans fatiguer vos domestiques et sans vous réveiller trop souvent pour charger le feu. Mais continuons.

Quand il fut arrivé au bout de ses questions, il se leva pour examiner la malade sur son lit, mais sans tourner autour d'elle, et de façon à rester à contre-jour.

Comme peu à peu la réverbération du soleil couchant restée au ciel s'était affaiblie, Balzajette proposa de demander des lampes; sans mettre trop de hâte dans sa réponse, Saniel refusa: inutile, le jour suffisait.

Ils passèrent dans le salon, où ils se mirent d'autant plus vite d'accord, qu'à tout ce que Saniel disait Balzajette répondait: