Balzajette, qui s'écoutait parler, ne remarquait rien; mais Saniel, qui savait ce qu'il y avait derrière ce regard, ne pouvait pas n'en pas être frappé; heureusement pour lui il n'avait qu'à laisser aller Balzajette, ce qui lui permettait de ne pas se trahir par le frémissement de la voix.

Cependant Balzajette semblait prêt d'arriver au bout de ses explications: tout à coup Saniel vit madame Dammauville étendre la main vers la lampe posée sur la table et soulever l'abat-jour en l'abaissant vers elle de façon à former un réflecteur qui projetât la lumière sur lui; en même temps il recevait un rayon lumineux en plein visage.

Madame Dammauville poussa un petit cri étouffé.

Balzajette s'arrêta, puis ses yeux étonnés allèrent de madame Dammauville à Saniel, et de Saniel à madame Dammauville.

—Vous n'êtes pas souffrante? dit-il.

—Pas du tout.

Que se passait-il donc? Mais il était rare qu'il demandât l'explication d'une chose qui le surprenait, aimant mieux la deviner et l'expliquer lui-même.

—Ah! j'y suis, dit-il avec un sourire satisfait: la jeunesse de mon jeune confrère vous étonne. C'est sa faute; pourquoi diable a-t-il fait couper ses longs cheveux et sa barbe fauve frisée.

Si madame Dammauville n'avait pas lâché l'abat-jour, elle aurait vu le visage de Saniel se décolorer et ses lèvres frémir.

—Mais voilà! continua Balzajette; il a fait ce sacrifice à ses nouvelles fonctions: l'étudiant a disparu devant le professeur.