—A la Maison-Blanche, une pauvre femme.... Quel jour pourrez-vous me donner?

—Il y a urgence?

—Oui.

—Tout de suite alors; montez avec moi, après avoir donné des explications à mon cocher.

Mais à ce moment, un homme à cheveux blancs, vêtu de velours marron, coiffé d'un feutre cabossé et chaussé de sabots, vint vers eux accompagné de deux jeunes gens avec lesquels il discourait à haute voix en gesticulant: sur leur passage on se retournait pour les regarder, tant était originale, au milieu des gens corrects qui à ce moment passaient par là, la tenue du vieux Brigard, resté des pieds à la tête l'homme d'autrefois.

Il vint à Saniel les deux mains tendues, et Saniel, chapeau bas, l'accueillit avec toutes les marques du respect.

—Enchanté de vous rencontrer, dit Brigard, car j'ai été hier à votre consultation sans vous voir.

—Comment ne m'avez-vous pas prévenu par un mot? Si vous avez besoin de moi, je suis tout à vous.

—Merci, je n'ai pas, par bonheur, besoin de vos conseils, ni pour moi, vous le voyez, ni pour les miens; c'était simplement vous voir que je voulais. Arrivé chez vous avant l'heure, j'ai attendu dans votre salon, puis sont entrées derrière moi plusieurs personnes: une jeune femme qui paraissait cruellement souffrir; une vieille dame qui donnait tous les signes de l'anxiété, enfin un homme agité de mouvements désordonnés qui ne pouvait rester en place. Et moi, les regardant, je me disais que, n'ayant qu'une visite amicale à vous faire, j'allais prolonger l'attente de ces malheureux qui comptaient les minutes; alors je suis parti.

—Puis-je vous demander ce qui me valait l'honneur de cette visite?