—N'aurais-tu pas encore dit toi-même que tu étais navrée de parler contre ton coeur?

—Oh! oui.

—Allons, je vois que j'ai bien deviné tes sentiments, mais n'est-il pas tout naturel qu'une mère, bien que n'étant pas près de sa fille, écrive en quelque sorte sous sa dictée! En réalité cette lettre est de toi.

Corysandre acheva sa lecture.

—Quel malheur, dit madame de Barizel, qu'on ne puisse pas l'envoyer au duc.

Elle fit une pause et, comme Corysandre ne disait rien, elle ajouta:

—Il y aurait des chances pour que le duc accourût tout de suite: au moins cela m'avait paru probable en l'écrivant, car tu penses bien que je n'ai eu qu'un but: enlever M. de Naurouse à ses hésitations, inexplicables s'il t'aime comme tu le crois.

—Et pourquoi ne pas l'envoyer? dit Corysandre lentement et en hésitant à chaque mot.

—S'il ne t'aime pas, il saisira cette occasion de rupture.

—Il m'aime.