«Allez à ma mère...»
Évidemment il n'avait que cela à faire, et telle était la situation que créait cette lettre, qu'il ne pouvait pas attendre davantage.
Pour que Corysandre ne se fût pas jusqu'à ce jour fâchée de ses hésitations et de son silence, il fallait qu'elle eût vraiment l'âme indulgente, ou plutôt il fallait qu'elle l'aimât assez pour n'être sensible qu'à son amour; mais maintenant, comment ne serait-elle pas blessée d'un retard qui serait pour elle la plus cruelle des blessures en même temps que le plus injuste des outrages? comment s'imaginer que plus tard elle pourrait s'en souvenir sans amertume?
Jamais il n'avait éprouvé pareille anxiété, car, s'il avait de puissantes raisons pour attendre, il en avait de plus puissantes encore pour n'attendre pas.
Quoi qu'il décidât, il serait en faute: s'il se prononçait tout de suite, envers son nom; s'il ne se prononçait pas, envers son amour.
Comme il agitait anxieusement ces pensées, sa porte s'ouvrit.
C'était une dépêche; qu'on lui apportait.
«Pouvez donner suite à votre projet, mais plus sage serait d'attendre lettre partie depuis six jours.»
Plus sage!
D'un bond il fut à son bureau.